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Le surnom de Marguerite
 


Marguerite COYNE est une ancêtre de mon arrière-grand-père Antonin DESCAZEAUX
Cliquez pour accéder à sa fiche Geneanet

Marguerite COYNE est une de mes ancêtres de la 8ème génération et il m'a fallu huit ans pour trouver sa date et son acte de décès.

Recherche ascendante

Je suis parti de mon arrière-grand-père Antonin DESCAZEAUX (le grand-père maternel de ma mère, 1877-1956)
Il est fils d'Etienne DESCAZEAUX et Suzanne VIDAL (1840-1925), couple de cultivateurs qui vient très vite s'installer au quartier de Saint-Hilaire, à Montauban. Trouver le décès de Suzanne était facile car depuis la naissance de sa deuxième fille en 1871, elle n'a apparemment jamais quitté sa maison de Saint-Hilaire.
Sur son acte de décès, j'ai trouvé les noms de ses parents Pierre VIDAL et Magdeleine PELIGRY, cultivateurs à Barry-d'Islemade.
Magdeleine PELIGRY (1816-1881) est fille de Claude PELIGRY et Anne PEDURAND, eux aussi cultivateurs à Barry-d'Islemade. Comme Claude est aussi un ancêtre de René CONSTANS (nous sommes cousins par de multiples ancêtres !), mes recherches ont vite accéléré car il avait déjà trouvé énormément de données sur la famille PELIGRY.

Naissance et mariage de Marguerite

Claude PELIGRY (1783-1860) est fils de Jacques PELIGRY et de Marguerite COYNE. Ce sont des protestants, comme l'attestent leur déclaration d'édit de tolérance de 1788 et leur acte de mariage daté du 16 février 1760 à Gasseras (quartier de Montauban) rédigé par un pasteur. Nous avons aussi trouvé l'acte de naissance de Marguerite sur des registres microfilmés à Montauban, mais impossible de trouver son acte de décès !

Une fourchette pour la date du décès

Jacques PELIGRY décède en 1820 à Montauban, quartier Escudié et est déclaré veuf sur son acte de décès. Donc sa femme Marguerite COYNE est décédée avant 1820.
Pour affiner la fourchette de sa date de décès, il a fallu suivre les destinées de tous leurs enfants. Même si un seul fait partie de mes ancêtres, leurs vies sont souvent riches en renseignements sur leurs parents, c'est donc une règle en généalogie : suivre les descendants de nos ancêtres peut débloquer nos recherches !
Quand leur 8ème fils Jacques Guillaume se marie en 1804, il est écrit sur son contrat de mariage que Claude et Marguerite sont vivants.
Par contre, quand leur 9ème et dernier fils Claude épouse Anne PEDURAND en 1807, Marguerite est notée décédée.
Ce qui nous donne son décès entre 1804 et 1807, si ces actes ne comportent pas d'erreur...
Une fourchette de trois ans permet en général de vite trouver un acte de décès, surtout qu'à partir de 1792 ont été instaurés les registres d'état civil : ce ne sont plus des registres paroissiaux de Baptêmes, Mariages et Sépultures (les BMS), rédigés par les curés et dont sont généralement exclus les protestants. Il y a aussi souvent les tables décennales (TD) qui donnent les listes des actes par tranches de 10 ans, généralement à partir de 1802.

Localiser le décès

Toujours à partir des différents actes qui jalonnent la vie de Claude et Marguerite et celles de leurs enfants, on peut retracer leurs différents lieux d'habitation. René CONSTANS a encore affiné cette localisation en recherchant dans les registres de notaires. Claude PELIGRY a beaucoup bougé, loué, vendu ou acheté des domaines à Montauban et alentours.
Voici un résumé de son parcours : il vit à Montauban chez ses parents, quartier Gasseras, avant son mariage en 1760. C'est dans ce quartier que sont nés ses enfants, de 1760 à 1783, puis on le retrouve à Montbeton en 1788 et 1794.
En 1795, il revient à Montauban, au domaine de Martel (au Nord, près d'Ardus). Il y est aussi en 1805, 1807 et sûrement aussi à son décès en 1820 qui indique le quartier Escudié (près de Martel et d'Ardus).


Carte de Cassini de Montauban et ses environs

Tout indique donc que Marguerite COYNE est décédée à Montauban, mais son nom n'apparaît pas sur les tables décennales ! Après avoir lu et relu les 35 pages contenant les décès de 24 personnes par page des tables de Montauban dont le nom commence par C (classés par ordre chronologique et pas alphabétique !)... RIEN.
René a aussi cherché pendant des mois à Montbeton et autres communes alentour où ont vécu ses enfants, sur d'autres périodes en dehors de notre fourchette de dates au cas où... mais toujours rien !
Plusieurs années vont s'écouler, avec de temps en temps de nouvelles tentatives pour trouver cette date... en pure perte.

Miracle !

Depuis la mise en ligne sur Internet en 2010 des registres BMS et d'état civil des Archives du Tarn-et-Garonne, je peux régulièrement rechercher mes ancêtres, au lieu d'attendre les vacances de Noël et d'été où je reviens à Montauban. Un matin j'ai décidé d'effectuer une nouvelle tentative pour trouver le décès de Marguerite.
J'ai étudié la carte IGN de Montauban et recherché le décès dans les communes voisines du quartier Escudier au Nord de Montauban, sans succès.
J'ai relu tous les actes concernant Jacques et Marguerite et ceux de leurs enfants (je les prends systématiquement en photo pour pouvoir les consulter à tout moment). Pour certains d'entre eux, je n'avais que les dates, communiquées par René. J'ai donc récupéré sur Internet ceux qui me manquaient. Pour moi, Marguerite était bien décédée entre 1804 et 1807 à Montauban, quartier de Martel...
Mais l'acte de décès du 4ème enfant Pierre PELIGRY, en 1834, comportait apparemment une erreur : il y est déclaré fils de Jacques PELIGRY et de Marguerite SAGE (au lieu de COYNE).


Acte de décès de Pierre PELIGRY

"L'an mil huit cent trente-quatre, le vingt-deux octobre à midi, par devant nous Jean Michel Combes Brassard, adjoint à la mairie de Montauban, département de Tarn-et-Garonne, délégué pour remplir la fonction d'officier de l'Etat Civil : ont comparu Jean Villeneuve, âgé de vingt-six ans, laboureur, et Pierre Cuquel, âgé de quarante-six ans, maçon, demeurants dans cette commune, lesquels nous ont déclaré que Pierre Péligri, âgé de soixante-six ans, laboureur, époux de Jeanne Gayrard, fils de défunts Jacques Péligri, et de Jeanne Sage, mariés, natif de Montbeton, est décédé dans cette commune, au quartier d'Escudié, ce jour à trois heures du matin. Dont acte que nous avons signé après lecture faite, non les comparants pour ne savoir de ce requis."

Il me semblait avoir déjà vu ce nom quelque part, ou plutôt ce surnom : quelques COYNE étaient surnommés SAGE sur des actes d'état civil que j'avais relevés. J'ai de nouveau consulté les 35 pages de la lettre C des TD de Montauban, pour lire ensuite tous les actes de décès de COYNE : plusieurs fois ce surnom de SAGE apparaissait !
J'ai alors pensé qu'il était possible que le décès de Marguerite COYNE ait été enregistré au nom de SAGE et j'ai cherché dans les TD, mais à la lettre S, dont voici la 7ème page :


TD de Montauban 1802-1811, Décès, lettres S-Z, page 7

Vous l'avez vu ? Décès de Sagé Marguerite le 10 nivose an XIV (le calendrier républicain a commencé en 1792 et s'est arrêté en 1806), soit le 31 décembre 1805.
Le coeur battant, je me suis jeté sur le registre des décès de l'an XIV à Montauban et j'ai trouvé cet acte de décès :


Acte de décès de Marguerite COYNE, dite "SAGE"

"L'an quatorze de la République, le dix du mois de nivose à quatre heures du soir, par devant nous, Jean Saint Geniès maire, officier de l'état civil de la commune de Montauban, département du Lot [le département du Tarn-et-Garonne ne sera créé qu'en 1808 par Napoléon Ier] ; sont comparus, Pierre Preissac, âgé de trente ans, jardinier, et Pierre Conté âgé aussi de trente ans, laboureur, domiciliés au quartier de Martel susdite commune, lesquels nous ont déclaré en qualité de voisins, que Marguerite Sagé, âgée de soixante-dix ans, épouse de Jacques Péligry, est décédée le jour d'hier à dix heures du soir, dans le domicile de son mari, métairie de Monsieur Combettes, au dit lieu de Martel : et nous avons signé le présent acte de décès après que lecture leur en a été donnée, non les déclarants pour ne savoir de ce requis : lecture leur en a été faite."

Les voisins de Marguerite, qui ne savaient ni lire ni écrire, devaient avoir l'habitude d'appeler leurs voisins par leur surnom plutôt que par leur nom de famille "officiel" et comme ils ne devaient pas connaître le nom de jeune fille de Marguerite, c'est par son surnom qu'ils l'ont désignée à l'officier d'état civil !

Après plus de huit ans de recherche, j'avais enfin trouvé cet acte, grâce aux recoupements de plusieurs dizaines d'actes, dont la plupart ne concernaient pas mes ancêtres directs, mais simplement des collatéraux. Ce travail n'est possible que si on prend l'habitude de recopier ou de photographier tous les actes que vous utilisez dans vos recherches, il y a toujours un détail qui peut vous échapper la première fois, mais qui peut vous débloquer s'il est relu tranquillement chez soi !

Pour consulter la page Geneanet de Marguerite :

J'espère avec cet article avoir réussi à vous faire ressentir la joie que l'on éprouve lorsqu'une longue recherche aboutit !


Marguerite COYNE épouse de Jacques PELIGRY

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Claude PELIGRY époux de Anne PEDURAND

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Magdeleine PELIGRY épouse de Pierre VIDAL

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Suzanne VIDAL épouse d'Etienne DESCAZEAUX

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Antonin DESCAZEAUX époux de Jeanne CARRIE

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Eva DESCAZEAUX épouse d'Etienne CONSTANS

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Claudine CONSTANS épouse de Georges MONIE

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Christophe MONIE époux d'Agnès SOFFIATI

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